Sur les routes du Danemark
- 8 août 2017
- 5 min de lecture
Bonjour chers lecteurs.
Nous rentrons sous peu parmi vous, en France. Nous en sommes très heureux; une première étape de notre chouette projet se termine et une nouvelle page s'ouvre.
Après avoir changé de cap à Honnigsvåg près du cap nord, nous avons tranquillement pris la route vers le sud. Nous sommes passés par Rovaniemi où Anna a passé cinq mois en échange erasmus il y a trois en ans, à Oulu où nous avons pu rencontrer une amie d'Aymeric des Etats-Unis et nous sommes désormais à Turku au sud de la Finlande où nous habitons chez Tuomas qui fût bien gentil de nous inviter chez lui en voyant notre pancarte "voyageurs cherchant un endroit ou dormir". Merci Tuomas.
Quelques photos de notre voyage vers le "sud".
Tout tout au nord (Norvège) :

Les rennes, il semblent plus nombreux que les humains en laponie (Finlande):

Anna contente de retrouver son université erasmus:

Tour de vélo à Vasaa:

Désormais, retour au Danemark: nous avons retenu trois lieux qui furent intéressants pour nous et le serons peut-être pour vous. VITSØHUS
Souvenez-vous, en mai, nous avons passé deux semaines sur l'île d'Ærø, au sud du Danemark chez Morten et Petra et leur jardin de permaculture appelé Vitsøhus.

Ces deux semaines furent intéressantes. Nous avons appris à garder des étables propres. En effet, Pertra nettoie chaque matin les étables de tous leurs animaux et surprise... cela ne pue pas, grâce à cet entretien quotidien! Nous avons eu la joie de nourrir au biberon trois agneaux adorables plusieurs fois par jour et de rencontrer des alpagas timides. Anna a pu expérimenter la tonte des chèvres cachemire, pas facile. Et nous avons appris quelques principes et techniques de permaculture:

Nouveaux nés:

-Sur un terrain en pente, creuser un trou comme un fossé devant vos arbres ou buissons, remplissez-le de cailloux (pas des trop petits), quand il pleut, l'eau s'écoulera dedans et cela va créer une réserve d'eau où vos plantes pouront puiser quand elles en auront besoin. Comprenez grâce à notre magnifique schéma:

-Un principe que l'on a bien vécu est d'avoir les plantes comestibles proche de la maison, "à portée de main". Pour cuisiner, boire du thé ou assaisonner on se servait dans un rayon de quelques mètres autour de la maison. En permaculture, les écosystèmes les moins utilisés et les plus autonomes sont les plus éloignés de l'habitat. Un fait intéressant appris là-bas: Au Moyen-Age, 75% des revenus d'une famille étaient consacrés pour la nourriture, au début du XXe siècle c'était 50% tandis qu' aujourd'hui, une famille dépense en moyenne 10 à 15% de ses revenus dans la nourriture. Intéressant nan ? Serions-nous en train de dévaloriser l'un de nos besoins vitaux en achetant de la nourriture de moins en moins chère et de moins bonne qualité ? Merci Petra, Merci Morten de nous avoir fait découvrir la permaculture, sur une île ! On retient...
(Site web: https://www.vitsoehus.dk/en/ )

CHRISTIANIA Ce quartier alternatif de Copenhague bien connu nous intriguait, nous sommes allé à la rencontre de ses habitants pour en apprendre un peu plus.
Le drapeau de christiania (les trois points sur les i):

Créée en 1971 sur un ancien terrain militaire, la "ville libre de Christiania" a un statut de communauté ne répondant pas aux lois du Danemark. Environs 700 personnes y vivent, elles ont toutes été acceptées par le comité d'accueil pour avoir le droit de s'installer. Nous avons appris grâce à Georges que l'idéologie de base qui est de vivre en indépendance vis-à-vis de la ville sans misère morale et physique, n'est malheureusement pas complètement en place. Dans sa petite maison flottante sur la rivière, il nous explique que la volonté d'autonomie n'est pas accomplie.

Un groupe représentant Christiania collecte une taxe à qui vit sur le site, l'argent est en partie utilisé pour payé les compagnies d'électricité et d'eau de la ville pour fournir cette commune "indépendante". En revanche, de nombreux collectifs internes permettent une activité assez florissante au sein de la communauté. Construction, agriculture, restauration, traitement des eaux usées, garderie et autres activités se trouvent sur place. Les typiques vélos "christiania" construits sur place sont bien utiles dans cette zone interdite aux voitures et sont même exportés à l'étranger! Peut-être les connaissez-vous:

Georges, habitant ici depuis une trentaine d'années, déplore la vente légale de cannabis qui créer un trafic néfaste pour l'image et la pérennité de la commune; il se réjouit cependant de toutes ces initiatives de petites communautés et autres façons de vivre alternativement pour qui Christiania est un laboratoire sans contrainte. Nous avons aussi rencontré deux jeunes étrangers pour qui cet endroit est plus un lieu de transition en attendant quelque chose d'autre plutôt qu'un lieu de vie permanent. Ces jeunes semblaient plutôt perdus et à l'écart plus qu'impliqués dans la vie du quartier. Notre ressenti global est mitigé, nos impressions positives sur ce lieu très joli et aux mille possibilités sont un peu ternies par les côtés trafic de drogues et misère qui sont quand même bel et bien présents. Quoi qu'il arrive, pour une capitale, ce quartier est plutôt atypique, ça vaut le détour ! (Site web: http://www.christiania.org/ ) SVANHOLM Cette communauté, située dans l'est du Danemark, est constituée de 80 adultes et 60 enfants. En juin, nous avons passé deux semaines dans les champs à les aider à récolter, semer, désherber,... Nous étions une bonne troupe de volontaires présents chaque jour sous les commandes de Hanne, notre chef préférée. Incroyable mais vrai, depuis les années 70, les terres, forêts, fermes et le château d'un ancien châtelain, sont habités par des utopistes qui réalisent leur rêve de vie partagée. En effet, la seule et unique participation demandée est de verser à la communauté 80% de son salaire et d'aider 3 fois par mois à l'organisation des repas. Tout le reste est donné en échange: logis; voiture; repas servis tous les jours sauf les mecredis soir et les midis du week-end; nourriture biologique à disposition provenant au maximum de l'agriculture et de l'élevage de la communauté; une garderie et une école maternelle (aussi ouvertes aux villages alentour)...

Le fonctionnement est simple: il n'y a pas de chef du tout. Il y a une réunion facultative chaque mois pour prendre les grosses décisions avec nécessité de la majorité ab-so-lue pour les adopter. Pour organiser un tel lieu, beaucoup d'entre eux sont répartis dans des groupes pour assurer le bon fonctionnement de la communauté et la gestion des petites décisions. Notamment: accueil des volontaires; acceuil des nouveaux habitants; groupe agriculture; élevage; vente; groupe logement; cuisine; comptabilité; etc. Certains postes sont rémunérés et au total, 10% des habitants travaillent rémunérément sur place. On a cherché des côtés négatifs: en restant plusieurs mois et années, on se rend compte, paraît-il, de certaines querelles et disputes sous-jacentes apparemment "inévitables" dans un tel endroit. Cela n'empêche pas Hanne, meneuse rémunérée du groupe agriculture de préférer cette ferme partagée et cette vie de groupe, à son ancien rêve de ferme "individuelle" où chaque action est personnellement assumée. S'il y a de la place disponible, les conditions d'admition sont les suivantes: avoir en dessous de 55 ans, ne pas avoir plus d'enfants que d'adultes dans la famille, chaque adulte doit apporter un revenu minimum équivalant à un temps plein au SMIC, avoir de bons premiers contacts avec les membres de la communauté. Notre expérience là-bas fut très positive, notre accueil fut chaleureux, les sourires et discussions bienveillantes furent au rendez-vous. Et quel plaisir de se nourrir des produits écologiques issus de l'agriculture dont nous prenions soin quotidienement et de l'élvage de la communauté. L'ambiance estivale et la bonne humeur générale de ce lieu unique nous ont donnés comme un goût de paradis, d'utopie réalisée. Merci, longue vie à toi Svanholm.

Folio, cette bâche noir biodégradable remplace le plastique:




Merci Ivana pour les photos de ton album "fragments of svanholm" sur facebook.
( site web: http://svanholm.dk/index.php?id=73 )
Nos deux mois au Danemark dans tous ces endroits bien différents nous ont beaucoup appris et ont enrichi nos quêtes environnementale et spirituelle. On se voit le 26 Août à Varades pour les festivaliers ! N'oubliez pas de nous faire signe si vous venez! A bienôt. A&A

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